Par France 24
Le
réchauffement climatique touche de plein fouet le Burundi, pays d’Afrique de
l’Est et l’un des plus pauvres du monde. Sécheresses, vents violents et
inondations provoquent des destructions d’écoles et des déplacements de
populations, lourds de conséquences sur l’éducation des enfants.
“La crise
climatique est une crise des droits de l’enfant”. C’est à l’aide de chiffres
concrets que l’UNICEF illustre ce constat accablant. Au total, plus de 1000
salles de classes ont été affectées par des catastrophes naturelles ces
deux dernières années au Burundi, privant une centaine de milliers d’élèves
d’instruction. En cause : le réchauffement climatique, qui provoque des vents
violents et inondations à l’origine de nombreuses destructions, dont les
écoles.
Alors que le
Burundi est le pays avec les plus faibles émissions de gaz à effet de serre du
monde, il pâtit de ses conséquences. “Au Burundi, les effets du changement
climatique, notamment les inondations, les glissements de terrain, la
sécheresse, ont provoqué le déplacement 75 000 personnes, dont environ la
moitié sont des enfants en 2022”, affirme John Agbor, représentant pays de
l’UNICEF.
Relogés dans
des camps et habitats de fortune, les enfants ont des difficultés pour
poursuivre leur scolarité dans des conditions adéquates. “Les élèves dont les
écoles ont été détruites doivent aller dans d’autres structures. Nous avons
alors des classes surchargées, qui accueillent jusque 100 élèves pour une
capacité de 50 !”, déplore le représentant de l’UNICEF.
C’est le cas
des écoles Mushasha I et II, envahies par les eaux lors de la dernière saison
des pluies. “Les inondations ont été lourdes de conséquences sur la scolarité
des élèves. Plusieurs salles de classe étaient impraticables pendant trois mois
et les élèves ont dû rejoindre d’autres écoles pour finir l’année. Le nombre
d’heures de cours a donc été fortement réduit, sans parler de leur matériel
scolaire, qui a aussi été détruit”, témoigne Clarisse Barikaco, Directrice de
l’école fondamentale Mushasha I.
Les enfants,
premières victimes du réchauffement climatique
Sur le
terrain, le Fonds onusien pour l’enfance tente d’appliquer des plans d’urgence,
notamment en fournissant du matériel scolaire, en réparant les écoles détruites
ou en proposant des tentes de remplacement dans les camps.
Mais à long
terme, des solutions plus pérennes sont nécessaires, notamment la construction
de bâtiments scolaires solides et résilients capables de résister aux
intempéries. Problème : le Burundi peine à attirer les fonds des bailleurs
internationaux pour mener à bien ces chantiers, car, selon le fonds pour
l’enfance, les chiffres des populations atteintes restent “faibles”, comparés à
d’autres pays bien plus peuplés et la priorité est donc ailleurs.
L’appel de
l’UNICEF est donc urgent : la communauté internationale doit reconnaître que
les enfants, qui constituent la frange de la population la plus vulnérable,
sont les premières victimes de ce réchauffement mondial, que ce soit en termes
de santé, de protection, d’accès à l’eau et à l’hygiène, à une bonne nutrition,
mais aussi à l’éducation. Au-delà d’attirer les fonds pour la construction
d’écoles, la seule solution pérenne est déjà connue des décideurs du monde
entier, rappelle John Agbor. “Lors de la COP 27, les enfants et les jeunes ont
intensifié le plaidoyer afin que des mesures soient prises contre les
changements climatiques ; aux dirigeants mondiaux de tenir compte des appels
lancés par les enfants et les jeunes pour renforcer les actions visant à
réduire les émissions et à fournir un financement adéquat pour le climat. Nous
devons sauver la planète, pour sauver nos enfants ”.
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